| Le jardinet de Gargantua |
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| Geschrieben von: Noble Panda | |||
| Donnerstag, 05. Februar 2009 um 22:48 | |||
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Légende ou
Voulez vous jouer aux Palets dans les Jardins du Loriot ?
On sait que Gargantua, le fameux personnage de Rabelais aimait particulièrement la Vendée, qui correspondait au Bas-Poitou. Imaginez, en trois enjambées il allait de Fontenay-le-Comte, l'ancienne capitale du Poitou, à Piquet sur le bord de l' Yon, mais aussi vers Avrillé car les alentours étaient parsemés de pierres levées, de dolmens, d'énormes boulets et marmites de sorcières qui lui permettaient de jouer aux palets. Ceux-ci étaient particulièrement adaptés à ses mains de géant, tandis que les menhirs (minches) servaient de but.
Lors donc, quand il éprouvait le besoin de prendre un brin d' exercice, Gargantua gagnait en effet en quelques enjambées la côte du Bas-Poitou, et il y passait des journées entières, à jouer aux petits palets avec les pierres des fées. Comme les pierres debout, paraît-il, étaient beaucoup plus clairsemées que les dolmens, il avait soin d'en mettre trois ou quatre dans sa poche afin d'avoir toujours sous la main des minches de rechange ; car il les faisait souvent voler en éclats, tellement il y allait de bon cœur. S'il n'avait fait que briser ses minches, le mal n'eût pas été bien grand ; mais il lui arrivait aussi d'écraser parfois les toitures des maisons, ou les troupeaux qui paissaient tranquillement dans les champs, voire les bergers et les bergères. Il ne se passait guère de jour sans que les petits palets du joueur missent à mal au moins une demi-douzaine de pauvres diables de villageois, sans compter les attelages de bœufs et les moutons. Aussi Gargantua était-il devenu la terreur du pays. Les bergers avaient bien dressé leurs chiens à lui courir sus, mais le géant cueillait les pauvres bêtes entre le pouce et l'index et les écrasait comme nous ferions de simples puces, sans qu'elles eussent seulement le temps de faire couic !... Un jour, cependant, il eut fort à faire avec deux de ces chiens, probablement plus lestes que les autres, et il fut même obligé de leur céder la place pour se soustraire à leurs morsures. L'aventure vaut la peine d'être contée et la voici telle que la rapporte une femme du pays. Cela se passa sur le territoire de la commune de Rosnay, au village qui porte aujourd'hui le nom de Follet. Gargantua, qui s'était « esbaudi », depuis le soleil levé, à jouer à son jeu favori entre les rives de l'Yon et du Lay, venait d'écraser d'un seul coup une douzaine de malheureux moutons. Au moment où il se baissait pour ramasser le palet ovicide, il se sentit tout à coup mordu au talon par les deux chiens du troupeau, qui s'étaient glissés entre ses jambes sans qu'il s'en fût aperçu. Il se retourna bien vite pour les saisir et les écraser entre le pouce et l'index, ainsi qu'il avait coutume de le faire ; mais les deux chiens, non moins lestes que braves, lui passaient et repassaient entre les jambes sans qu'il pût ni les empoigner, ni les empêcher de lui aboyer aux chausses. Prenant alors deux des énormes minches de rechange qu'il avait en poche, il les lança contre ses agresseurs. La terre en trembla à plus de dix lieues à la ronde, mais les chiens avaient esquivé le coup et s'acharnèrent de plus belle. Les palets n'eurent pas plus de succès que les minches. Tant et si bien que Gargantua, qui suait sang et eau à vouloir se débarrasser de ses deux agresseurs, fut obligé, tout géant qu'il était, d'abandonner la partie et de battre en retraite. Mettant le pied gauche sur l'une des minches qu'il venait de ficher en terre, et le droit sur la flèche de Luçon, il passa de là, d'une seconde enjambée, sur la flèche de Fontenay, puis, d'une troisième, sur la flèche de Niort, d'où il se hasarda seulement à mettre pied à terre, bien sûr que les terribles chiens ne pourraient plus l'atteindre. Depuis ce temps-là, il abandonna, dit-on, son jeu favori des petits palets, et il ne reparut plus jamais au pays de Rosnay. Les deux dernières minches de Gargantua sont demeurées à la place même où il les avait lancées : ce sont les deux pierres debout du village du Follet, jadis visitées, décrites et soigneusement mesurées par le savant abbé Ferdinand Baudry : l'une a une hauteur de 3m50 ; l'autre mesure exactement 3m66. Depuis la mésaventure de Gargantua, il paraît que tous les chiens du pays se rassemblent, une fois par an, pour venir... arroser les fameuses minches, en souvenir de la victoire remportée par deux héros de la race canine sur le terrible géant. C'est également depuis ce temps-là, si l'on en croit la légende, que la cathédrale de Luçon se trouve en contrebas de la place qui l'avoisine, et que sa flèche semble pencher légèrement du côté de Fontenay. Mais chassez le naturel, il revient à grandes enjambées, après avoir essayé 214 autres jeux plus ou moins subtils et calmes, Gargantua ne put se résigner à abandonner le jeu de palets. Un jour qu'il avait décidé d'aller chercher accompagnée de sa femme Basdebec quelques quintaux de sel de premier qualité pour ses saloirs chez un réputé paludier du marais Rivolia à l'île d'Olonne en vue de conserver quelques viandes pour l'hiver, il fit une petite sieste à Piquet près du Tablier. Lorsqu'il se remit de ses agapes de midi, Gargantua, qui avait mis un doigt dans l'Yon pour se rafraîchir, fit quelques pichenettes qui firent déborder l' Yon et qui expédièrent 13 palets sur le Chemin de la tour situé entre le lieu dit "La Mancelière" et celui de "La Grolle". Cela "tombait" très bien car avant d'atteindre le marais Rivolia avant la nuit, Gargantua voulait passer par Bello Loco (Beaulieu-sous-la-Roche), réputé pour ses belles pierres de granit . Or donc ce jour là, à La Mancelière (ou La Mancellière dont le nom viendrait de la célèbre race des vaches Mancelles), le boulanger de Venansoo avait l'habitude de livrer chaque semaine des fouaces toutes chaudes. Belle occasion de faire une légère collation et d'engager tranquillement une petite partie de palets avec les "petits cailloux" en provenance du Tablier... Dame Basdebec qui était en train de s'esbaudir devant quelques fioles "Du père La Grolle" s'adressant à son érudit mari lui tint un peu près ce langage : "Engage le jeu que je le gagne". "Subtil on peut lire ta phrase dans les deux sens !" lui répondit Gargantua. Les meilleurs menteries seront primées (et publiées sur ce site) pour le 31 mai 2009, jour du Bamboo Festival inclus dans la rubrique Nous joindre...
A venir
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